Washington DC
Ce fut dur mais j'y suis. Je vous raconte? Allez je vous raconte vous en mourrez d'envie =) (Mais pas moi voyons genre j'ai-pas-d'amis-sauf-mon-ordi ahah)
L'ambassade d'abord. 8h du mat le chauffeur arrive, je m'installe confortablement dans les fauteuils de cuir beige, Paris defile par la vitre teintee, pleine de soleil et d'arbres en fleurs, qui a dit que Paris etait moche? Il y avait deja une foule compacte devant l'ambassade, une foule d'etrangers qui se pressait sur le trottoir, qui debordait sur la route, on se pousse, on est indiciplines c'est un peu comme a la maternelle sauf que la j'ai une pochette marquee VISA-CONFIDENTIEL serree contre moi et que l'enjeu et plus grand. Et que si on me vole ma place je mord. (oh bon ca a pas trop change depuis la maternelle ca :D) A petits pas de 3 centimetres et demi j'arrive devant la porte grillagee, un espece de freluquet en uniforme trop grand m'inspecte de la tete aux pied avant de me cracher "passeport!" Ledit passeport que je lui tends, tout sourire, sure de mon bon droit. Et voila qu'il m'assene un "Vous n'etes pas sur la liste. Circulez."
C'est pas possible.
Et c'est exactement ce que j'ai dit. "C'est pas possible. Cherchez encore une fois" Je regarde avec lui les noms qui defilent. Pas de Torreton. Pas le moindre petit bout de Torre ni de ton (thon?)
"C'est pas possible"
Il hausse un sourcil. Et je m'explique encore une fois, le coup de telephone il y a presque 3 mois, le rdv du 20 avril a 9h tapante. Il esquisse un sourire. "Vous etes sure de l'annee?" Ahah qu'est-ce qu'ils sont poilants ces americains. Bon puisqu'il souris je souris aussi, je repete que ce n'est pas possible, que j'ai fait 5h de train que je suis epuisee (que ma grand mere est malade et que je dois lui apporter une galette et un petit...TAIS TOI CERVEAU) J'ai presque envie de pleurer et puis tout a coup il s'ecarte.
"Allez-y. On ne dira rien"
WOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOHOOOOOOO Je rentre d'un pas conquerant, ca c'est de l'intimidation (tu parleeees) et la je me heurte aux...199 autres personnes qui viennent passer un entretien ce mercredi 20 avril 2006.
4h de queue plus tard, j'arrive au guichet, a cran, j'ai tout mes papiers prets, des trois derniers bulletins de salaire de mes parents a mon livret de famille en passant par mon diplome du bac et mon inscription en prepa. J'arrive au guichet ou une grosse dame jette a peine un oeil a ma demande, elle prend mes enpreintes digitales, me fait un sourire fatigue et m'annonce que mon visa sera pret dans 24h.
Et c'est TOUT. 3 mois d'attente, 5h de train et 4h de file d'attente pour ca. FOUTU BORDEL DE MERDE j'eu envie de crier mais me rappelant que j'etais quelqu'un de civilise j'ai renonce. Ara.
J'ai retrouve les papi et mamie normands a la gare et direction la Cote Baron, l'herbe verte et grasse, le ciel bleu limpide, les explosions de primeveres et de pissenlits sur les talus, cette odeur de vacances tout a coup qui m'enivre. 5 jours formidables, je me suis fait douze amis d'un coup, des petits lapins nouveaux nes que j'ai gaves de pissenlits et de plantin du main au soir, j'ai plante des patates et recolte des asperges, nourris les agneaux nouveaux nes aaaah la campagne.
Et retour a Paris, le 25 avril (et surtout il ne faut pas penser a ce que represente le 25 avril, il y a deux ans shhhhht la ferme cerveau on a dit) decouverte de l'appartement de Philippe dans le 9e et le soir diner dans un restau chic avec Claire et Philippe. C'etait wahou on peut le dire.
Et tout s'enchaine avec une vitesse effrayante, le "Taxi Ambassador" dans sa livree sombre le lendemain matin, Roissy-Charles de Gaule sous la brume, le dernier jus d'orange dans le nouveau terminal rouge sang, la voix de femme qui gresille dans le haut parleur "Les passagers a destination de Washington sont pries de se presenter a la porte 12 pour embarquement immediat" derniers aurevoirs un peu precipites, c'est pas ma faute j'ai un probleme avec les aurevoirs depuis quelques temps :( Juste le temps d'avoir ma mere essouflee au telephone, elle est en balade quelque part dans les sommets cevenols, je l'imagine bien gravir sa cote, le telephone cale sous son oreille, elle me dit que je vais lui manquer. Eh bin c'est pas trop tot, j'aurais attendu 18 ans et demi :p Et puis coup de fil de mon pere qui m'explique a quel point Washington c'est beau c'est interressant c'est magnifique, a quel point il est fier de sa petite crevette (et ceux qui rigolent seront punis par allah. si.) et la je dois raccrocher tres vite parce qu'un gros malabar aux allures de tueur decoche un regard meurtrier a mon telephone tout en verifiant mon passeport.
Avion. Decolage. Plateau repas deguelasse. Y'a une mome d'environ 6 ans qui donne des coups de pieds dans mon fauteuil tout le long du trajet, je lui demande d'arreter une fois deux fois cinq fois et en dernier recours je lui propose d'echanger de place avec moi comme ca je pourrais lui donner des coups de pied a mon tour. Sa mere (je le suppose puisqu'elle a la meme tete de souris constipee) me jette un regard glacial et continue de bouquiner son "Femme Actuelle". Ca devrait etre interdit les gosses. Ou alors ils devraient naitre a 12 ans :)
Au bout de 6h de trajet je commence a somnoler, je zappe vaguement sur la mini tele en face de moi, Harry Potter et la Coupe de Feu commence a me souler (en plus je suis allee voir ce film avec...ohh la ferme cerveau raa) J'ai fini mon deuxieme Harlan Coben, j'ai deja ecrit deux lettres a Mikael, deux lettres que j'ai dechire et fourre dans la pochette du siege avant. La faute a la voix dans ma tete qui me repete "A quoi bon?"
15h05 heure locale, le pilote doit etre stone parce qu'il amorce la descente de l'avion n'importe comment, tout se met a vibrer, a tanguer comme sur un bateau, l'americaine a cote de moi se met a prier, oui parfaitement A PRIER et c'est flippant je dois dire. 14 minutes atroces, meme moi qui n'ai pas peur en avion d'habitude je commence a transpirer, la main crispee sur l'accoudoir. Aterrissage il est 15h19.
WELCOME TO WASHINGTON dit le panneau a l'arrivee de la douane. Youhou me voila en plein territoire ennemi. On m'a dit de ne jamais faire de blagues aux dounaniers, d'etre polie et sur mes gardes, de dire "thank's-a-lot-goodbye" une fois que je serai passee etc etc. Mais la je suis tombee sur un rigolo au look d'ancien boxeur, couvert de tatouages, crane rase et piercing, seduisant quoi :D Il prend mes empreintes digitales et m'annonce qu'elles sont tres belles (wahou ca c'est fort quand meme) me pose quelques questions sur mon sejour je flaire le coup foireux quand il me demande mon numero de telephone.
"Heu c'est vraiment necessaire?"
Il me dit qu'il plaisante, que je peux passer. Deirdre me recupere au bout de quelques minutes. Je suis vanee, j'ai les yeux qui se ferment automatiquement, il est presque minuit en France. Direction Falls Church (chutes d'eglises?? la ferme!!!!) pour recuperer les gamins qui sortent juste de l'ecole. Siobhan et Luca (pronnoncer Cheuvonne et Louca) sont americano-correens, ils sont jumeaux mais le pire de tout c'est qu'ils ont cinq ans. ARGH.
LA maison a des dimensions hollywoodienne. Perchee au bord d'un lac, trois etages de baies vitrees immenses, quatre salons (dont un pour moi yeeeaah) deux cuisines, six chambres et trois salles de bains. Les murs sont blancs et les sols couverts d'une epaisse moquette gris perle, dans le salon de l'aile sud il y a un piano a queue blanc etincelant avec un bouquet d'orchidees pose dessus. On dirait une pub pour "maison et jardin" ce truc. J'ai juste le temps d'etre presentee au cuisinier au jardinier et a la femme de menage avant de m'ecrouler dans mon lit pour une nuit de 12 heures. Sans reve. Mais de toute facon ca fait des mois que je ne reve plus.
* I like to be in America
Okay by me in America
Everything free in America
West Side Story
pix: la loi de la jungle